Moderna et Merck ont annoncé jeudi que leur vaccin anticancéreux personnalisé à ARNm a réduit de 42 pour cent le risque de décès ou de récidive chez des patients atteints de mélanome, la forme la plus mortelle du cancer de la peau. Le résultat provient d'un essai de phase 3 avancée et marque la première fois qu'une thérapie anticancéreuse à base d'ARNm démontre un bénéfice cliniquement significatif à ce stade de l'évaluation.
Les deux entreprises avaient déjà indiqué en août que l'essai avait atteint ses objectifs, mais elles avaient gardé les chiffres pour les présenter lors d'une conférence scientifique. Ces données étaient attendues samedi à la Société européenne d'oncologie médicale, à Madrid. Après qu'un site d'actualité en oncologie a levé l'embargo plus tôt, les entreprises ont publié les résultats principaux, qui ont aussi été acceptés pour publication dans le New England Journal of Medicine.
Comment fonctionne le vaccin personnalisé à ARNm
Le vaccin s'appelle intismeran, ou mRNA-4157. Il transporte un ARNm synthétique codant jusqu'à 34 mutations présentes dans les cellules tumorales du patient lui-même. Pour le concevoir, les chercheurs comparent la séquence génétique des cellules cancéreuses du patient à celle des cellules saines, puis sélectionnent des mutations propres au cancer susceptibles d'entraîner le système immunitaire à attaquer la tumeur de façon sélective.
Dans l'essai, 1 137 patients atteints de mélanome de stade IIB à IV, retiré chirurgicalement, ont été répartis au hasard dans un rapport de 2 pour 1. Un groupe a reçu le vaccin personnalisé à ARNm associé au Keytruda, le traitement par anticorps monoclonal déjà établi de Merck ; l'autre a reçu le Keytruda plus un placebo. Les chercheurs ont mesuré la survie sans récidive (RFS) et la survie sans métastase à distance (DMFS).



