Anthropic a démontré que son modèle de recherche interne Claude peut concevoir de manière largement autonome des liants protéiques contre les neurotoxines du scorpion, un résultat d'IA appliquée à la science qui ouvre la voie à une découverte de médicaments plus rapide et moins coûteuse. Selon le rapport technique publié par l'entreprise le 20 octobre 2026, le modèle a travaillé dans Claude Science, l'environnement d'IA destiné aux chercheurs, où il a généré 318 484 designs candidats et en a retenu 180 pour des tests en laboratoire.
Le projet, mené avec le cabinet de recherche financière Citrini Research, ciblait cinq neurotoxines issues de quatre espèces de scorpions. Deux organisations de recherche sous contrat, Adaptyv Bio et Twist Bioscience, ont testé 211 designs, et 17 ont satisfait aux critères d'Anthropic pour un liant. L'entreprise précise qu'elle n'a pas confirmé la neutralisation du venin dans les cellules et ne prétend donc pas avoir produit un antivenin.
Comment Claude a conçu les liants protéiques
Anthropic a fourni à Claude la même consigne que celle utilisée dans une étude antérieure sur les liants protéiques, modifiée avec Citrini. Pendant 64 heures, le modèle a travaillé principalement seul, guidé par quatre consignes de suivi. Selon Anthropic, il a analysé les données, généré des figures et rédigé le rapport final sous supervision humaine.
L'objectif était de produire des mini-liants, de petites protéines qui s'attachent fermement à une cible. Les neurotoxines de scorpion dangereuses pour l'humain se lient aux canaux sodiques des cellules nerveuses, perturbant les signaux et provoquant, dans les cas graves, une insuffisance cardiaque ou une accumulation de liquide dans les poumons. Un liant qui bloque le site d'arrimage de la toxine pourrait, en théorie, interrompre cette réaction en chaîne.



